Portrait de l’artiste


// Difficile de saisir Pirès.
L’homme est en perpétuel mouvement, l’artiste est secret, quasi insaisissable ... Un masque, élaboré, peaufiné au fil du temps.

José Pirès naît à Nîmes en 1955. Après un bref détour par Lyon, il passera ensuite la plus grande partie de sa jeunesse, période constructive, sur un autre continent : - le Brésil, pays d’origine de son père.
Comment naît un talent ?... les oeuvres manquent pour reconstituer la genèse avec certitude...
Sa mère, d’origine lorraine est attentive à ses débuts mais c’est son père qui prendra l’initiative d’inscrire son fils à l’institut technique Oberg de Rio de Janeiro... pas décisif pour la construction du futur artiste.

Fondé en 1948 par Lamartine Oberg, l’institut du même nom relève de l’école d’Ulm et par là, du Bauhaus et de la Sécession Viennoise, mouvements majeurs du début du 20e s. L’esprit est celui des futurs arts appliqués mais à l’époque on n’utilise pas encore ce terme là.
Le design, entre autre, naîtra de cette vision qu’importe Lamartine Oberg au Brésil.....
L’école ouvre en 1963 avec des cours de dessin, appliqués à l’ architecture, à la communication visuelle, à l’ industrie automobile, aux logos graphiques d’ une société en demande d’ images qui la traduisent. José Pirès rejoindra l’institut Oberg à la fin des années 60.
Il n’a qu’une quinzaine d’années.

// C’est ce langage basé sur l’évacuation de toute fioriture au profit de l’expressivité du trait ( moins c‘est plus – less is more ) qui est aujourd’hui encore à la base du travail plastique de Pirès : les formes sont nettes, précises et convergent vers un effet de puissance.

Le succès vient vite, très vite avec le retour en Europe et l’inscription à l’ Ecole des Beaux Arts de Nîmes où, dès 1971 Pirès suit l’enseignement de Jean Marie Granier.
Maître graveur de renom, Granier est un virtuose de la ligne claire. Les gravures qu’il produit retracent avec ferveur et poésie, l’esprit identitaire de la ville qu’est Nîmes.

Il trouvera en Pirès un terreau d’expression fertile à qui transmettre la vision ludique d’un monde méditérranéen, construit sur le mythe du taureau, en temps que symbole d’iconographie populaire. Le jeune Pirès développera rapidement une capacité poétique d’expression nouvelle et un regard novateur sur la symbolique de l’amphithéâtre qui le fera connaître dès 1973.
La ligne claire, souple et ferme du graphisme des années 80 et 90, toujours proche du récit linéaire de la bande dessinée comme de l’expression publicitaire, évoque poétiquement, suggère avec finesse et retenue voire avec humour plus qu’elle ne traduit littéralement.

// De 979 à 1985, Claude Viallat et Alain Clément reprennent en main l’ Ecole des Beaux Arts de Nîmes. Période faste pour la ville qui verra bientôt l’ouverture de Carré d’ Art, franchissant ainsi résolument le pas vers la modernité et l’avant-garde artistique comme peu de villes ont su le faire en France à la même époque.
Période extrêmement faste également pour Pirès qui entre en contact avec Viallat. Pirès qui n’a alors pas trente ans, décide de reprendre le chemin de l’école des Beaux Arts et de se remettre en question. Il développera peu à peu un oeuvre basé sur les techniques mixtes à partir de collages, découpages, cartons, pochoirs et affiches.

Pour reprendre l’ expression de Laclotte et Cuzin ( Dictionnaire de La peinture / Larousse), ce travail de déconstruction mené par Viallat avec un vocabulaire réduit ( la répétition d’ une même forme – la maille de filet- sur une infinité de supports) est à l’ opposé de toute mystique de création artistique. Elle n’a pour sujet que la peinture elle même et l’image n’a d’autre sens que celui du travail qui la produit.

Cette notion de travail et de travail sur l’image aura d’importantes répercussions sur la production de Pirès, restaurant en lui le sentiment d’être un « artisan» au service de son art, sentiment en accord avec sa formation première de graphiste publicitaire.
«... je travaille dans un grand désordre... en conjuguant des éléments très différents, tant par leur matière que par leur manipulation, ce qui a pour effet d’ obtenir une peinture en zi-zag. Ca rend le propos difficile mais assure la conservation d’ une notion de jeu sans règle véritable...» (José Pirès – 1984).

// L’artiste se retire en Camargue (Aigues Mortes puis Les Saintes Maries) où apparaissent les premières tentatives de déconstruction par le biais d’intégration de collages et une réorganisation des mises en page de par l’utilisation d’un graphisme au service de la couleur.
Pirès commence à installer dans ses tableaux impressions et sensations affinées de manière quasi inconsciente, permettant de ressentir le sacré.
Parallèlement l’artiste développe des recherches sur la matière picturale elle même et reprend une activité dans les domaines connexes de la gravure et de la sculpture.

Le retour à Nîmes autour de 1993 verra entre autre l’apparition des « Boucliers», travail charnière où Pirès démontre que s’il a intégré la leçon de Viallat, il s’en démarque désormais par une démarche très personnelle, en maintenant l’esprit figuratif symboliste de l’oeuvre.
Pirès ne franchit pas pour autant le pas vers l’abstraction: - ses compositions se rallient, au contraire, volontiers à une scénographie assez théâtrale, les plans s’inspirant de la frise antique voire de la tapisserie médiévale. Les rares mises en abîmes sont là pour accentuer dramatiquement les ombres.

// Depuis 1997, les recherches évoluent depuis sur un rythme ternaire où l’artiste fragmente sa production en registres apparemment sans lien entre eux tels les Minotaures, les Paysages du sud et les grandes compositions allégoriques du Cycle de Mithra. Dans un élan d’humilité et de retour sur soi, l’artiste souhaite désormais communiquer la vision d’un monde mystérieux et profond, suscitant le sentiment du vrai et du spirituel.

En 2008, José Pirès est officiellement proposé par la Ville de Nîmes au titre de Chevalier des Arts et des Lettres. Cette distinction lui sera officiellement accordée le 16 février 2010. Ses sujets de création (gravure, peinture, sculpture ) se basent aujourd’hui sur les mythes, signes, symboles et traces du passé.
La mythologie d’esprit sensiblement orientalisant et les scènes où se côtoient l’homme et l’animal sacralisé sont souvent présentes et forment la trame sensible de son oeuvre à visée poético -philosophique "...à mi-chemin entre mémoire et oubli".


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